Comment représenter le monde quantique ...

L'éloignement de la physique quantique hors du visuel et de l'intuitif en rend l'appropriation particulièrement délicate et risquée. En la matière, une bonne bande dessinée pourrait-elle rendre des services ?

Il faut dire qu’à l'échelle microscopique, la réalité des choses ne va plus sans dire, de sorte que l’esprit humain a dû se battre pour appréhender le sens de ce qu’il avait lui-même construit. Les objets quantiques ont des comportements étranges qu'aucune chose habituelle n'est capable de reproduire. Pour les comprendre, il convient de renoncer aux modes de représentation ordinaire. Par exemple, il est impossible de dessiner un atome : d’abord, son noyau vibrionnant ne ressemble en rien à l’espèce de framboise statique et bicolore par laquelle on le représente souvent dans les manuels scolaires (avec les protons en rouge et les neutrons en bleu) ; ensuite, ses électrons n’ont pas les trajectoires que les dessins leur accordent trop souvent ; ils ne ressemblent pas non plus aux nuages diffus par lesquels certains autres manuels tentent, au contraire, de faire sentir qu’ils n’ont pas vraiment de trajectoire. Car les électrons ne sont pas des ectoplasmes délocalisés !

 

Une émission France Culture : La conversation scientifique

Comment refroidir la matière avec de la lumière ?

La lumière tient une place des plus singulières dans les constituants de notre univers. C’est, en quelque sorte, un être biface. Le rayonnement électromagnétique, la lumière, en termes techniques, compose les couleurs des étoiles, le rayonnement solaire, et son agent, le photon, est le seul corps sans masse, à connaître la plus grande des vitesses. Celle de la lumière, justement. Mais c’est aussi un moyen d’investigation multiforme pour la compréhension de la nature. La lumière sonde, décrypte, élucide. Elle nous permet, parmi mille exemples, de connaître les atomes des corps qui se trouvent dans les planètes. Enfin, contrôlée par l’homme, elle devient outil. Ainsi le laser qui peut découper des plaques d’acier.  Mais elle autorise également des productions encore plus curieuses. Ainsi avec la lumière il est possible de refroidir la matière. De lui faire atteindre les températures les plus basses qu’il soit. Ce rendez-vous de « Continent Sciences » est consacré aux techniques qui, comme le « Pompage optique » ou le « Refroidissement Sisyphe », mobilisent la lumière pour lui permettre d’organiser les atomes dans des états inédits. On les appelle des « mélasses optiques » ou des « matières quantiques ».

 

CONTINENT SCIENCES - FRANCE CULTURE - 20/01/2014

 

 

Thomas Edison ou la quête des sonorités de l’âme

Nous sommes le 11 mars 1878, dans l’amphithéâtre de l’Académie des Sciences. Tous les yeux sont rivés sur une curieuse invention : le phonographe, de Thomas Edison. Le physicien Théodose du Moncel, assisté du représentant de la société Edison en Europe, s’apprête à faire entendre les prouesses de l’appareil. Camille Flammarion fait partie de l’assistance. Il raconte : « L’appareil se mit docilement à réciter la phrase enregistrée sur son rouleau. Alors, on vit un académicien d’un âge mûr, l’esprit pénétré, saturé même, des traditions de sa culture classique, se révolter noblement contre l’audace du novateur, se précipiter sur le représentant d’Edison et le saisir à la gorge en s’écriant « Misérable ! » Nous ne serons pas dupes d’un ventriloque ! Ce membre de l’académie s’appelait Monsieur Bouillaud ».

Selon le vieil académicien, la voix perçue par l’assistance n’était donc qu’une illusion d’acoustique. Pareille confusion venait démontrer que les prouesses de la machine parlante d’Edison étaient capables de susciter un trouble inédit : le phonographe faisait littéralement entendre des voix et, par ce fait même, il était « structurellement hallucinogène » puisqu’il plaçait l’auditeur forcément surpris en position de délirer.

Thomas Edison, tout le monde le connaît, c’est l’ingénieur au plus de mille brevets, l’inventeur, en plus du phonographe, de la lampe à incandescence, de la pile alcaline et de la chaise électrique. Mais ce que l’on sait moins, c’est que Thomas Edison mena aussi pendant les dix dernières années de sa vie des expériences autour des phénomènes spirites. Il chercha notamment à construire ce qu’on pourrait appeler un « nécrophone », c’est-à-dire un appareil capable d’enregistrer les sons ou les voix des morts….

 

LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE - FRANCE CULTURE - 26/09/2015

 

L’inépuisable curiosité des paradoxes temporels

Les récits de voyages temporels sont pléthores dans la littérature, ceux de science-fiction en particulier. Mais ces fictions se révèlent contradictoires, incohérentes, presque toujours paradoxale. Alors, est-il possible, à la lumière des acquis de la science contemporaine, de réfléchir à ce que seraient, vraiment, des voyages dans le temps. Est-il concevable d’évaluer leur possibilité effective ? Nous sommes ainsi conduits à considérer certaines des recherches actuelles les plus subtiles de la physique contemporaine sur la temporalité. A la lisière de ses hypothèses les plus novatrices. Par exemple la théorie des cordes ou la gravité quantique. Au-delà de la seule physique, les débats concernent les relations avec d’autres disciplines, la biologie, la théorie de l’information et, bien sûr, la philosophie.

 

CONTINENT SCIENCE - FRANCE CULTURE - 23/12/2013

 

L'Européisme a-t-il eu raison de l'Europe ?

La Grande Table reçoit aujourd'hui Frédéric Lordon, philosophe et économiste, à l'occasion de la parution, aux Editions Les Liens qui Libèrent, de son dernier essai, La Malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique.

Lordon y développe comment il a choisi de traiter de la sortie de l'euro, cela non pas d'un point de vue de stratégie économique (dévaluation) mais plutôt sous l'angle de la nécessaire restauration de la souveraineté démocratique.

Marc-Olivier Padis, rédacteur en chef de la revue Esprit, qui propose d'ailleurs dans son dernier numéro (mars-avril) un article d'Anne-Laure Delatte sur la question de la sortie ou non de l'euro, joindra ses questions et réflexions à celles de Caroline Broué et d'Antoine Mercier.

 

 

Une émission France Culture : La grande table